Le bronze ?

Bronze cycladique, tête en bronze grecqueOn situe l’apparition du bronze il y a près de 5 000 ans, dans les Cyclades grecques.
Cet alliage, composé à plus de 65% de cuivre, se fait remarquer par sa facilité à fondre par rapport à sa dureté à froid. C’est en fait l’adjonction d’étain qui permet de baisser le point de fusion du cuivre tout en améliorant la résistance de l’alliage ainsi obtenu. Dès lors, le bronze fût aussi bien utilisé pour l’ornement que pour la fabrication d’outils ou d’armes durant plus de 2 000 ans. Mais la maîtrise du fer et son avènement, entre autre, dans le domaine guerrier ont rapidement mis le bronze au second plan. Il restera malgré tout l’allaige d’ornement par excellence, celui utilisé pour le statuaire, et gagnera facilement ses lettres de noblesses grâce à sa capacité à traverser les âges quand un bout de fer met quelques décennies à se désintégrer.

 

Si aujourd’hui la Moule élastomère pour bronze à la cire perduecomposition du bronze a quelque peu été modifiée selon l’usage que l’on veut en faire, en fonderie d’art, la technique séculaire perdure. Le fondeur d’aujourd’hui répète les mouvements et les techniques inventés hier. Pour passer de la sculpture, en quelque matière qu’elle soit, au bronze, on utilise encore la technique dite à cire perdue. L’idée est de faire un moulage de la sculpture afin de tirer ensuite une reproduction très fidèle en cire destinée à la fonte. On utilise aujourd’hui de la silicone que l’on estampe sur la sculpture. On entoure ensuite l’ensemble d’une coque de plâtre. Ne reste plus qu’à démonter l’ensemble, extraire le modèle original de sa peau de silicone, remettre la coque en plâtre et remplir de cire chaude et liquide l’empreinte creuse pour obtenir un double parfait.

 

Grappe de cire pour moulage bronze cire perdueUne fois la cire obtenue, il faut monter un réseau d’alimentation et d’extraction en cire qui aura pour fonction d’amener le bronze dans le moule réfractaire et de laisser sortir facilement l’air. Du bon positionnement de ces canalisations dépend la venue ou non de la pièce ; une mauvaise mise en place, et c’est un bras qui ne sera pas rempli de bronze. Cette grappe de cire est maintenant recouverte d’un produit réfractaire qui constituera une coque solide destinée à recevoir le bronze en fusion. Plâtre, Silicafusion, céramique… les techniques sont nombreuses. Ne reste plus qu’à mettre cette coque à l’envers dans un four et cuire le tout de longues heures pour, dans un premier temps, liquéfier la cire qui, par gravitation, va sortir, et dans un deuxième temps, cuire le moule jusqu’à 700°C pour qu’il atteigne sa rigidité maximale.

 

Décochage bronze, méthode cire perdueLe moule réfractaire cuit, on démarre le four de fusion contenant le creuset chargé de lingots de bronze. Il faut à peu près une heure pour atteindre la température de coulée, soit près de 1120 °C. A ce stade, il est temps de sortir le moule du four de cuisson, de le retourner, dans l’enfouir dans du sable et de, rapidement, verser le bronze liquide. Après refroidissement, le moule est cassé et laisse enfin apparaître la pièce brute de fonderie : suspens ! Commence alors la phase de réparation et de ciselure : couper les canalisations, boucher les trous, limer les imperfections… La phase finale est la mise en couleur du bronze, la patine, le plus souvent obtenue par réaction chimique. On chauffe la pièce, on la badigeonne avec du nitrate de cuivre pour lui donner une teinte verte, du permanganate de potassium pour du noir… Chaque patineur a ses secrets pour sublimer un bronze.